Étiquette : témoignage

Floriane, neuropsychologue

En Europe, 1 personne sur 8 est concernée par les maladies neurologiques. Difficiles à appréhender, elles affectent les fonctions cognitives du malade, créant des troubles, et sont elles-mêmes classées en 3 grandes catégories : mnésiques (mémoire), exécutives et instrumentales. Quels sont les troubles cognitifs ? Comment se manifestent-ils ? Comment les gérer ? Découvrez les réponses dans le témoignage du mois avec Floriane Delphin-Combe, psychologue-neuropsychologue à la consultation mémoire de l’Hôpital des Charpennes des Hospices Civils de Lyon.

Avec quels types de pathologies travaillez-vous ?

Les neuropsychologues qui travaillent en consultation mémoire rencontrent des patients pour lesquels des troubles cognitifs sont suspectés soit par le patient lui-même, soit par l’entourage ou le médecin traitant.

Ces troubles cognitifs peuvent aller d’une simple dépression ou une anxiété importante, qui peuvent avoir un impact sur notre mémoire, notre concentration, jusqu’aux pathologies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, Parkinson, la démence à corps de Lewy ou les dégénérescences lobaires fronto-temporales.

Quels sont les troubles cognitifs que vous rencontrez le plus souvent ? 

La maladie d’Alzheimer étant la maladie neurodégénérative la plus fréquente, nous recevons le plus fréquemment des patients qui souffrent de troubles mnésiques. Ces troubles mnésiques sont bien différents de ceux que l’on peut avoir dans la vie quotidienne : ne plus savoir ce que l’on vient chercher dans une pièce, oublier parfois ses clefs, chercher le nom d’un artiste. Ils sont souvent liés à des troubles attentionnels notamment à notre rythme de vie, au stress. Dans la maladie d’Alzheimer, les difficultés se situent dans l’acquisition de nouvelles informations. Le malade a du mal à apprendre, à acquérir une nouvelle information, c’est pourquoi il faut beaucoup répéter. Par contre, ils vont bien se souvenir des événements plus anciens, qu’ils peuvent aimer se remémorer car les souvenirs qu’ils maitrisent les rassure.

Quels sont ceux qui débutent le plus souvent en premier ?

Les troubles mnésiques sont les plus visibles et ceux auxquels les malades et les proches s’attendent. Pourtant, les études montrent qu’avant l’apparition de troubles mnésiques, d’autres signes inauguraux existent et touchent les compétences nécessaires pour s’adapter à des situations inhabituelles. On appelle cela les fonctions exécutives. Dans les pathologies neurodégénératives ou liés à des lésions neuro-vasculaires, ces fonctions exécutives sont précocement mises à mal entrainant des difficultés d’organisation des rendez-vous, de planification en cuisine par exemple, une plus grande rigidité des pensées…

Comment faites-vous pour les observer spécifiquement / les différencier ?

Une des parties du bilan neuropsychologique consiste à évaluer les différentes fonctions cognitives à partir d’épreuves psychométriques. Ces épreuves sont conçues pour permettre de distinguer l’efficience ou au contraire un trouble en distinguant les différents processus. En prenant l’exemple de la mémoire, certaines épreuves de liste de mots nous permettent de distinguer si l’oubli vient d’un problème attentionnel, d’un problème pour stocker, retenir le mot ou bien d’une difficulté pour récupérer le mot en mémoire.

En quoi consiste le rôle du neuropsychologue ? En quoi êtes-vous une aide au diagnostic ?

Le neuropsychologue va analyser les résultats du patient au regard des normes, de sa plainte, de ses antécédents médicaux et psychiatriques, de toute son histoire… Et en fonction de cela, il va mettre en évidence un profil cognitif prenant en compte les déficits mais aussi les points forts du patient. Certains profils cognitifs sont propres à l’une ou l’autre des pathologies neurodégénératives. Par exemple, un patient présentant une maladie d’Alzheimer n’aura pas le même profil cognitif qu’un patient présentant des troubles neuro-vasculaires.

 

Les troubles les plus difficiles à gérer sont finalement ceux qui contrastent complétement avec la personnalité antérieure du patient.

 

Pour les aidants, y a-t-il des troubles plus difficiles à gérer que d’autres ?

Les troubles les plus difficiles à gérer sont finalement ceux qui contrastent complétement avec la personnalité antérieure du patient. Souvent, pour ceux qui ont une personnalité rigide, assez irritable, l’aidant s’attend à ce que ce trouble s’accentue et a déjà mis quelques stratégies en place pour arriver à contenir ces troubles. Par contre, si jamais un manque d’intérêt, une inactivité apparait chez un patient qui était auparavant très dynamique, sur lequel l’époux ou l’épouse pouvait se reposer, qui s’occupait la maison et l’administratif, cela peut être difficile à gérer pour l’aidant. L’agitation, l’agressivité sont des troubles du comportement qui peuvent être très perturbateurs au sein d’une famille. Dans ce cas, il faut les aidants à bien identifier quelles sont les causes environnementales qui peuvent entrainer cette agressivité.

Qu’est-ce que vous pensez des nouvelles technologies ?

Les nouvelles technologies représentent un espoir pour préserver l’autonomie du patient le plus longtemps possible. Du côté des aidants, elles peuvent diminuer leur fardeau. Par exemple lorsque l’aidant vit à distance, l’outil va diminuer son inquiétude. Lorsqu’il est avec le patient, au lieu d’avoir à toujours répéter les choses, peut-être que la technologie va permettre d’automatiser des tâches, de faciliter la gestion des démarches administratives, de l’organisation…

Quels conseils donneriez-vous aux aidants ?

Il me semble que nous avons maintenant en France, en tout cas dans les territoires les plus denses, la chance d’avoir une offre de soin importante que ce soit pour proposer de la stimulation cognitive au patient, des conseils ou moments de répit aux aidants. Il est important de se tourner vers la consultation mémoire la plus proche assez tôt pour connaitre cette offre de soin, vers les associations et les maisons du département sans attendre l’urgence, pour être intégré à ce réseau.  Il existe souvent une solution pour améliorer la qualité de vie de chacun à chaque étape de la maladie mais cela nécessite de se tourner vers les différentes structures médico-sociales.

Que pensez-vous de Lili smart ?

Lili smart répond aux besoins que peuvent avoir les aidants, notamment lorsqu’ils ne vivent pas au domicile du patient, qui leur permettent d’être rassurés sur le bon déroulement du quotidien sans être intrusif dans la vie quotidienne du patient. Et c’est souvent cette inquiétude de ce qu’il se passe au domicile, « est-ce qu’il a chuté ? », « est-ce que mon proche mange bien ? », qui amène les aidants à se tourner au bout d’un moment vers les EHPADs. On peut espérer qu’avec un service comme Lili smart, les patients peuvent rester à domicile dans de bonnes conditions, le plus longtemps possible, sans que le fardeau de l’aidant n’augmente trop.

 

 

En savoir plus

#1 Quels sont les différents types de mémoire ?

#2 Qu’est-ce que les fonctions exécutives ?

Fiche pratique : Comment gérer les troubles attentionnels ?

Lili smart est une application spécialement conçue pour faciliter le quotidien des familles qui accompagnent un proche en perte d’autonomie. Elle détecte les signaux faibles de dégradation de l’autonomie du proche en s’appuyant sur des capteurs placés à son domicile, une montre qu’il porte et une plateforme dédiée aux aidants.

Faire reconnaitre l’aidant comme un acteur du système de santé

Accompagner votre proche fragilisé après un accident, un diagnostic, est une démarche logique pour vous. Vous ne comptez pas les heures passées à son chevet et ne songez pas à parler de votre situation, encore moins de vous en plaindre. Pourtant, le rôle d’aidant a un réel impact sur votre vie personnelle, professionnelle ou votre santé. A l’occasion de la Journée nationale des aidants le 6 octobre, Lili smart a interviewé Claudie Kulak, présidente du collectif Je t’aide qui a créé cet événement il y a 8 ans.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Claudie Kulak, je suis la fondatrice de la Compagnie des aidants, un réseau social d’entraide et d’échanges, et présidente du collectif associatif Je t’aide qui réunit 15 structures travaillant sur le sujet des aidants.

 

Quelles sont les plus grandes difficultés auxquelles sont confrontés les aidants ?

Accompagner un proche peut avoir de lourdes conséquences sur la santé des aidants. Ils se plaignent souvent de troubles du sommeil, d’anxiété, de stress, d’épuisement, de troubles musculosquelettiques… Le stress est pratiquement toujours mentionné dans les études parce que les ¾ des aidants ressentent une charge importante. Et forcément, quand vous êtes stressé ça a des répercussions sur la qualité de votre sommeil… C’est d’ailleurs pour ces raisons que cette année, la thématique de la Journée des aidants porte sur leur santé.

Bien évidemment, tout cela a des répercussions financières parce que les aides qui sont apportées aux personnes fragilisées ne sont pas suffisantes. Elles ne couvrent pas tous les frais, il n’y a pas assez d’heures de service à la personne financées par exemple. Alors que le baromètre de la CARAC estime à 2049€/an les dépenses moyennes pour un aidant qui accompagne un proche fragilisé. Et puis ils ne connaissent pas toujours toutes les aides qui peuvent leur être proposées.

 

Après leur journée de travail, c’est parfois une deuxième vie qui commence. Certains aidants, arrivés le vendredi, prennent le train pour aller s’occuper de leurs parents.

 

Les risques d’épuisement sont-ils les mêmes pour les aidants salariés ?

Les aidants salariés ont des difficultés à concilier leur vie pro et leur vie privée. Après leur journée de travail, c’est une deuxième journée qui commence, et même parfois une deuxième vie qui commence. Certains aidants, arrivés le vendredi, prennent le train pour aller s’occuper de leurs parents et reviennent le dimanche soir. Et après ils ont leur propre quotidien à gérer. Vous avez 2 à 3 gestions de vie en même temps. Et puis quand vous êtes tuteur, vous avez encore toute la gestion administrative, financière, juridique… Vous avez tout à gérer en double ou en triple en plus de votre travail.

La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement a mis en place le Congé de proche aidant, mais il n’est pas rémunéré alors les aidants ne vont pas s’arrêter, ils ont trop besoin d’argent… Donc ils se mettent en congé maladie et après leur responsable des ressources humaines va se demander s’il est fiable, ce qu’il fait… Alors que c’est le seul moyen qu’il a trouvé pour prendre soin de son proche. Donc son rôle d’aidant a aussi des conséquences sur son propre avenir professionnel.

Ce n’est pas encore parfait, toute nouvelle mesure est bonne à prendre, mais aujourd’hui ce n’est pas encore suffisant par rapport à la problématique sociétale.

 

Quelles sont les solutions existantes pour les aidants ?

Il existe le financement de la perte d’autonomie avec l’Allocation Personnalisée d’Autonomie qui permet de financer des heures de service à la personne, comme le soutien via des auxiliaires de vie qui vont effectuer des tâches à domicile pour soulager le proche fragilisé ou l’aidant, le don de RTT, le congé de proche aidant, le baluchonnage… Ce sont des solutions qui vont pouvoir aider les aidants, mais ce n’est pas suffisant.

 

Pour ceux qui souhaiteraient s’occuper d’un proche, la solidarité nationale doit faire en sorte que ces personnes aient un statut avec des droits. Il existe un congé de maternité, pourquoi il n’y aurait pas un congé financé pour s’occuper de sa maman âgée.

 

Dans votre plaidoyer, vous parlez de « faire reconnaitre l’aidant comme un acteur du système de santé », pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Dans la stratégie de santé 2018/2022 le haut conseil de la santé publique a bien conscience du rôle central joué par les aidants, notamment au regard de l’avancée en âge de la population. Aujourd’hui, on a réussi à ce que les aidants soient clairement identifiés comme des acteurs incontournables de la prévention de la perte d’autonomie. On a la preuve aussi qu’ils sont au cœur du système de santé dans la perte d’autonomie, dans l’accompagnement du cancer ou d’un enfant en situation de handicap.

Ils représentent vraiment une clé de voute dans le parcours de soin du proche malade. S’il n’y a pas d’aidant pour être le chef d’orchestre, cela peut mettre en péril le parcours de santé du proche fragilisé. On sait que 80% des soins sont prodigués par les aidants. La CNSA les considère déjà comme des co-soignants. Ils jouent vraiment un rôle de pivot dans la relation patients/professionnels de santé et auprès de l’écosystème autour du proche fragilisé. Ce que l’on veut c’est qu’il y ait une totale reconnaissance du rôle de l’aidant avec un statut clair qui lui permet d’obtenir des droits. Souvent il met de côté sa carrière professionnelle et quand il arrive à la retraite il se retrouve sans rien du tout. Du temps où les femmes travaillaient à domicile il n’y avait pas de problème car elles s’occupaient de leur enfant en situation de handicap, de leur proche âgé, de celui qui tombait malade et il y avait cette solidarité familiale. Aujourd’hui elles travaillent à l’extérieur, elles prennent leur indépendance, donc on ne plus s’appuyer uniquement sur elles, il faut trouver des solutions pour palier cela. Pour celles et ceux qui souhaiteraient s’occuper d’un proche, la solidarité nationale doit en tenir compte et doit faire en sorte que ces personnes aient un statut avec des droits qui leur assurent un revenu ou une retraite minimum. Il existe un congé de maternité, pourquoi il n’y aurait pas un congé financé pour s’occuper de sa maman âgée. Notre pays est riche parce que des salariés maintenant retraités ont travaillé toute leur vie pour que ce pays soit riche. La moindre des choses c’est de les accompagner dans leur perte d’autonomie et de prendre en charge cela d’une manière ou d’une autre. Si une personne veut accompagner un proche c’est normal que cet investissement soit compensé.

 

Dans quelles mesures l’association Je t’aide intervient pour réduire l’épuisement des aidants ?

Notre démarche c’est vraiment de sensibiliser les aidants sur les situations les plus à risques et sur des actions de prévention pour éviter d’arriver à des situations d’épuisement ou de maladie. On fait de la prévention, on essaie d’alerter les consciences, on a déposé des préconisations au gouvernement.

On essaie de dire aux aidants « Pensez à votre propre vie, vous ne pouvez et ne devez pas la mettre de côté. » Mais s’ils arrêtent de travailler, comment font-ils pour subvenir à leurs besoins, pour manger, payer les factures, cotiser à la retraite… ?

Les missions principales du collectif Je t’aide sont d’agir en prévention au niveau des aidants, pour leur faire prendre conscience de leur rôle et des limites de ce rôle et d’agir aussi avec les pouvoirs publics pour leur faire comprendre qu’il faut mettre en place des solutions pour soutenir ces aidants sur le long terme.

 

 

En savoir plus

#1 La santé des aidants

#2 La vie professionnelle des aidants

Fiche pratique : Test, quel aidant êtes-vous ?

Lili smart est une application spécialement conçue pour faciliter le quotidien des familles qui accompagnent un proche en perte d’autonomie. Elle détecte les signaux faibles de dégradation de l’autonomie du proche en s’appuyant sur des capteurs placés à son domicile, une montre qu’il porte et une plateforme dédiée aux aidants.

Pauline, aide à domicile

En France, 8 personnes sur 10 préfèrent vivre chez elles plutôt qu’en établissement spécialisé, cependant leur maintien à domicile nécessite souvent de l’aide extérieure. Pauline Dumont, aide à domicile, nous parle de son quotidien auprès de ces dernières.
Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Pauline Dumont, j’exerce la profession d’aide à domicile depuis 10 ans et je suis actuellement une formation d’aide-soignante.

 

Qu’elles sont vos missions en tant qu’aide à domicile ?

Les missions consistent essentiellement en l’accompagnement au quotidien des personnes âgées ou handicapées pour l’entretien courant de la maison (linge, ménage, balades, activités/sorties, jeux à domicile), les courses, tout en sollicitant la personne âgée pour qu’elle soit à nos côtés. C’est aussi ça le but, c’est de les garder à nos côtés et de maintenir leur autonomie. On ne fait pas les choses à leur place mais ce n’est pas toujours évident, selon le degré d’autonomie certaines choses ne pourront pas être faites.

 

Qu’elles sont les difficultés auxquelles vous pouvez être confrontée dans votre activité ?

Le fait d’être seule à domicile en cas de situations d’urgence. Si la personne fait un malaise on se sent un peu seule quand même. On sait qu’il faut appeler les pompiers, on a appris les premiers secours, mais on est démunies, ça nous met dans un état de stress.

Et puis après ce sont les usagers, ça dépend lesquels mais certains ne reconnaissent pas notre rôle. Ils paient une partie de la prestation d’aide à domicile et parfois ils se permettent de dire des choses… « On est la femme de ménage ». Mais non, moi je les corrige : « on est aide à domicile ou auxiliaire de vie sociale ».

 

On vient dans leur sphère intime, c’est compliqué d’accepter quelqu’un, de se faire aider. Surtout si ce n’est pas le choix de l’usager.

 

Qu’elles sont les difficultés auxquelles sont confrontés les aidés et leur famille ?

Au niveau de l’organisation des plannings. Ce ne sont pas toujours les mêmes salariés qui viennent, ni le même jour ou les mêmes horaires. C’est déstabilisant pour eux. On peut se dire qu’ils sont retraités et qu’ils ont le temps mais ils organisent aussi leur vie en fonction de leurs enfants, petits-enfants, ils ont des activités à l’extérieur…

Le fait de s’habituer à quelqu’un c’est aussi difficile. Il y a toujours une part de peur surtout pour la première intervention. On vient dans leur sphère intime, c’est compliqué d’accepter quelqu’un, de se faire aider. Surtout si ce n’est pas le choix de l’usager, si c’est sa famille qui a fait la demande. Ils ont du mal à déléguer alors qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas tout faire tout seul, mais ça leur renvoie l’image de dépendance.

 

Qu’elles astuces utilisez-vous pour vous organisez avec les autres professionnels à domicile et/ou avec les proches de l’aidé ?

On utilise un classeur de coordination avec une page dédiée pour mettre un mot à la famille ou à d’autres professionnels. Sinon on met une note sur le frigo. Il nous arrive aussi de prendre les devants pour prendre un rendez-vous chez le coiffeur ou autre. Parce la famille n’a pas le temps ou parce que la famille, il faut le dire, ne s’occupe pas trop de son proche.

 

Pourquoi avoir choisi ce métier ? Et vous orienter désormais vers aide-soignante ?

J’ai un BEP carrières sanitaires et sociales et un BAC sciences sanitaires et sociales, j’ai commencé à travailler à l’ADMR pour un job d’été et puis j’y suis restée. Ce qui m’a attirée c’est le lien avec l’usager, la famille, les notions de contact humain et de respect.

Je veux devenir aide-soignante parce que c’est un diplôme qui me permet d’exercer des soins plus techniques (toilette, prises des constantes…) et je voulais aussi quitter le domicile pour rejoindre une équipe pluridisciplinaire en établissement.

 

Qu’est-ce que Lili Smart pourrait vous apporter ?

Une organisation au niveau du travail !  Lili Smart nous permettrait d’améliorer la communication avec la famille et/ou l’usager et de gagner du temps ! Et puis de pouvoir tout centraliser. On sait qu’avec l’application on peut consulter toutes les informations, savoir ce qu’on a à faire pendant notre visite… C’est un vrai plus.

 

 

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#1 Les différents modes de financement des aides à domicile

#2 Comprendre le refus d’une aide à domicile

#3 Comment sécuriser son proche à domicile ?

Fiche pratique : Les aides financières pour le maintien à domicile

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Les séjours adaptés, du répit pour les aidants

Nombreux sont les aidants qui ne s’autorisent pas à penser aux vacances. Pourtant, il est important de s’autoriser des moments de répit pour apporter une aide de qualité tout au long de l’année. Pour cela, il existe des séjours adaptés. Quels sont leurs objectifs ? Comment sont-ils construits ? Hombeline Fareh, membre du bureau de l’association EVELi vous répond dans le témoignage du mois.
Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis membre du bureau de l’association EVELi qui existe depuis 2004 et propose des séjours pour les personnes en situation de handicap et pour les personnes malades d’Alzheimer ou maladies apparentées. Nous créons également des séjours à la demande pour des associations de familles ou des structures d’accueil.

Nous sommes une association composée de deux salariées et de bénévoles issus de milieux sanitaire, social, éducatif et sensibilisés à la problématique.

 

 

D’où vient l’idée des séjours adaptés ?

Je suis gestionnaire de cas dans une MAIA (Maison pour l’Autonomie et l’Intégration des malades Alzheimer), j’ai donc fait le lien entre les besoins des familles touchées par des pathologies de type Alzheimer ou maladies apparentées et ceux des familles avec des proches en situation de handicap qui ont besoin de vacances pour souffler. En échangeant avec d’autres gestionnaires de cas, on s’est dit « pourquoi ne pas créer des séjours pour les personnes malades d’Alzheimer ? ». C’est comme ça que le projet a commencé.

 

Grâce à des équipes relativement importantes, on peut se permettre de prendre en compte les besoins et les envies de chacun.

 

En quoi consistent-ils ?

Nos séjours sont des moments de vacances. On se promène, on visite. Les vacanciers participent à la vie quotidienne : en faisant les tâches en fonction de leurs capacités, de leurs envies. Tous nos séjours favorisent l’implication des vacanciers, chacun peut proposer des sorties, donner son avis. On tient compte des envies et du rythme de chacun. On a affaire à des personnes qui peuvent être très fatiguées ou qui peuvent avoir envie de beaucoup bouger, de déambuler. Grâce à des équipes relativement importantes (un animateur pour deux vacanciers), on peut se permettre de prendre en compte les besoins et les envies de chacun. On veut surtout proposer des séjours dans un cadre sécurisé et sécurisant. On s’attache à garantir un cadre propice au bien-être de la personne.

 

Le fait d’être dans un cadre de vacances déculpabilise les familles qui ne ressentent pas cette impression d’abandon.

 

Quels sont les besoins des aidants et des malades ?

Les aidants ont vraiment besoin de répit. Ces séjours permettent de répondre à ce besoin puisqu’ils sont uniquement destinés aux personnes malades. Pendant le séjour, les aidants peuvent se rendre compte de ce que c’est de vivre sans la personne malade. En tant que gestionnaire de cas, j’ai pu voir de nombreuses situations où les personnes se posaient des questions sur le placement en maison de retraite ou en établissement, mais qui n’étaient pas prêtes à lâcher la personne malade. Tant que la personne malade est au domicile, même si c’est fatigant, ça leur donne une raison de vivre. Le séjour permet donc aussi de voir pendant une semaine comment cela se passe à la maison sans le malade. Ça peut ouvrir sur d’autres prises en charge, comme par exemple la mise en place d’accueils séquentiels.

De plus, le fait d’être dans un cadre de vacances déculpabilise les familles qui ne ressentent pas cette impression d’abandon. Et puis on reste en lien avec elles, elles peuvent appeler pour prendre des nouvelles.

 

Quelle est la place des aidants dans les séjours ?

L’apport des aidants est primordial. On a besoin d’échanger au maximum avec eux pour avoir le plus d’informations possibles pour que la personne malade ne se sente pas abandonnée. On a besoin de connaître ses habitudes, la profession qu’elle exerçait, si elle a des enfants, leurs noms… Cela nous permet de rentrer en communication avec le malade et d’échanger sur des thèmes qu’il aime. On établit une fiche de connaissance à compléter par l’aidant pour qu’il puisse dire tout ce qu’il a à dire, tout ce qu’il connait de la personne, tout ce qu’il pense dont on peut avoir besoin. Plus les aidants vont nous connaitre, plus ils vont avoir confiance en nous. Et si le vacancier sent la confiance entre l’aidant et nous, il sera facilement à l’aise avec nous. Généralement, ce que l’on fait, c’est que l’on essaie de rencontrer les familles avant le séjour, pour se présenter, échanger et rassurer tout le monde.

 

Qu’est-ce qui vous différencie des autres séjours ?

On a ce lien particulier avec les familles, notamment grâce à cette rencontre avant le séjour. Peu de structures le font. Avec un effectif de six personnes maximum par voyage et trois accompagnateurs, on peut avoir quelqu’un présent la nuit qui peut prendre en charge la personne, aller la promener si besoin, la raccompagner se coucher… Nos animateurs sont formés au sein de l’association et sensibilisés à la prise en charge de personnes atteintes d’Alzheimer ou de maladies apparentées.

 

Quelles sont les limites de ces séjours ?

Ces séjours restent malgré tout à un prix un peu élevé car il n’y a pas d’aide financière. Les familles peuvent malgré tout se renseigner auprès des mutuelles.

Il faut également que les personnes soient en bonne autonomie physique, pour se déplacer et marcher. Et qu’il n’y ait pas d’autres troubles ou pathologies qui nécessitent des soins spécifiques.

 

 

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#1 Voyagez en toute sérénité avec votre proche

#2 Partez en vacances avec votre proche dans un séjour adapté

#3 Sécurisez votre proche avant votre départ en vacances

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