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#2 Troubles du comportement : comment les gérer au quotidien ?

Chaque année en France, 225 000 personnes sont diagnostiquées malades d’Alzheimer, soit 1 personne toutes les 3 minutes. Aujourd’hui, ce sont 3 millions de personnes qui sont touchées par la maladie d’Alzheimer et maladies apparentées, dont près d’un million de malades. 2ème maladie la plus crainte par les français, comment se matérialise-t-elle ? Quels sont les troubles associés ? Comment les gérer et vivre avec ? A l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer le 21 septembre 2018, Lili Smart vous donne les réponses dans son dossier du mois.

Troubles du comportement : comment les gérer au quotidien ?

Afin de faciliter votre quotidien et celui de votre proche, vous trouverez ci-dessous des conseils pour prendre en charge et accepter plus facilement les troubles du comportement les plus fréquemment rencontrés dans les maladies d’Alzheimer et maladies apparentées.

Avant de voir les comportements à adopter face à chaque trouble du comportement, il est important de garder à l’esprit quelques notions. En tant qu’aidant nous avons tendance à refuser d’écouter notre ressenti et de le faire passer au second plan. Nous nous disons que nous sommes le pilier du maintien à domicile et que nous devons être solide. Nous ne sommes en réalité que des humains dans une situation complexe avec des fragilités qu’il ne faut pas délaisser pour bien vivre soi-même et pour bien prendre en charge son proche. Il faut donc apprendre à relativiser. Il est normal d’être choqué par certains comportements de son proche et d’avoir du mal à les accepter.

Il est parfois difficile d’accepter la maladie de son proche et encore plus complexe de comprendre que son comportement est le reflet de sa maladie et non de sa pensée réelle. Il faut essayer autant que possible de ne pas le prendre pour soi, de prendre du recul et de garder son calme. Dans ces moments, il faut le rassurer. Vous y parviendrez peut-être par la parole, par des gestes apaisants ou en lui expliquant ce qu’il se passe. De plus, faites-le parler du problème que vous vivez. Comprendre la situation vous permettra de la désamorcer plus facilement, de l’éviter par la suite mais surtout de l’accepter. Il est difficile d’accepter une chose que l’on ne comprend pas.

Il ne faut pas hésiter à se faire aider soi-même et à s’entourer. Vous n’avez pas été préparé à prendre en charge tous ces problèmes, il est normal que vous ayez besoin de soutien. Il ne faut pas être trop exigeant avec vous-même, vous ne pourrez pas soigner votre proche. Pourtant, ce n’est pas facile de ne pas se formaliser quand on reçoit sans cesse des reproches, de ne pas devenir anxieux quand on vit dans le conflit et de réussir à se dire que ses propos ne sont pas réellement contre nous. Il ne faut pas hésiter à parler avec son médecin traitant de ce que vous vivez, de vous rapprocher d’associations où vous rencontrerez des personnes qui sont dans la même situation que vous et de vous faire épauler par une équipe de professionnels qui vous donnera des conseils pour désamorcer ces situations de crise.

Enfin, ne vous isolez pas. Parlez de vos appréhensions avec votre entourage et si cela est possible déléguez pour prendre du temps pour vous. Vous ne vous sentirez que mieux et serez bien plus résistant pour vivre votre quotidien.

Il existe une multiplicité de troubles du comportement et bien qu’il existe des notions de conduites à tenir, avoir des exemples spécifiques en tête est parfois nécessaire en fonction du trouble.

 

Apathie

Initier des activités

Avec la maladie la capacité de votre proche à initier des activités est altérée. Si vous faites le premier pas, il pourra peut-être même continuer à faire la tâche seul par la suite. Favorisez des activités qu’il aimait auparavant, son intérêt pour la tâche sera plus important s’il avait pour habitude de la pratiquer et il pourra apprécier davantage le moment. Cela est également vrai pour les sujets de conversations, les passions…

Ne pas attendre qu’il reprenne des initiatives

Apprenez à l’accepter et à l’encourager lorsque vous initiez une activité. Il faut également apprendre à tolérer son inactivité, ce n’est pas parce qu’il ne fait rien qu’il s’ennuie forcément.

 

Dépression/Anxiété

L’écouter parler sans juger ses propos

Parler de sa douleur morale et de ses craintes est difficile mais fait du bien. Le fait de se sentir entouré, compris et soutenu est très important dans ces moments-là. Quant au stress, il vaut mieux éviter les situations anxiogènes telles que les situations nouvelles et être englobant lorsqu’il y en a une.

Attention à ne pas le dévaloriser sans faire exprès en essayant de le stimuler. Parlez-en avec son médecin traitant qui pourra lui proposer un traitement médicamenteux efficace.

Lui laisser du temps

Pour la dépression, un processus de deuil de son ancienne vie doit probablement être fait. Comme expliquer dans un précédent article, ce processus doit suivre plusieurs étapes qui sont plus ou moins longues en fonction des personnes et du travail à réaliser. Il faut donc être patient autant que vos capacités vous le permettent.

 

Agressivité

Le laisser se calmer en sécurité, faire diversion

C’est le seul moyen de le calmer. Vous pouvez désarmer l’agressivité de votre proche en lui offrant une activité qui lui plaît habituellement, comme d’aller boire quelque chose ou de se promener un peu.

Trouver la cause du trouble du comportement

Elle peut être multi factorielle : douleur, envie, faim, fatigue, incompréhension… Vous n’éviterez pas toujours un tel comportement, mais il est préférable de réfléchir aux raisons de cet énervement afin d’essayer d’y remédier par la suite.

Quitter les lieux si votre sécurité est menacée

Aider un proche ne veut pas dire se mettre en danger. Vous ne devez pas vous sentir coupable en veillant à votre propre sécurité. En quittant la pièce, vous lui donnerez le temps et l’espace voulu pour se calmer et vous resterez capable de poursuivre votre aide. Vous ne pourriez plus le faire si vous étiez blessé.

 

Idées délirantes/ hallucinations

Ne pas le contredire et tenter de le raisonner

Votre proche adhère réellement à ce qu’il dit ou perçoit et lui dire que ce n’est pas vrai peut-être défavorable à la situation. Privilégiez une réponse rassurante où vous lui avancez des arguments logiques.  En cas d’hallucination, vous pouvez lui dire que vous le croyez mais que vous ne percevez pas ce qu’il perçoit. Vous pouvez par exemple essayer de le distraire afin d’éviter qu’il persévère sur son idée en détournant son attention sur un autre sujet.

Lui faire exposer son idée

Avant de changer d’activité, demandez-lui ce qu’il perçoit. L’intérêt est multiple, cela permettra d’atténuer l’anxiété souvent présente quand la personne a des hallucinations, vous permettra de comprendre le problème et vous serez en mesure de le retranscrire aux professionnels de santé qui le suivent.

 

Gérer les troubles du comportement d’un proche peut aussi passer par l’organisation. Avec l’application Lili smart, vous pouvez vous organiser, seul ou avec d’autres aidants, enregistrer les ordonnances, planifier les rendez-vous, lister des tâches et les partager, créer des conversations de groupe… Toutes les informations sont centralisées pour vous simplifier le quotidien.

 

 

En savoir plus

#1 Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : quels sont les troubles du comportement ?

#3 Et si moi aussi j’avais Alzheimer ?

#4 La communication avec son proche malade

Fiche pratique : Comment faciliter la communication avec son proche malade ?

Témoignage : Changer le regard sur la maladie d’Alzheimer

Lili smart est une application spécialement conçue pour faciliter le quotidien des familles qui accompagnent un proche en perte d’autonomie. Elle détecte les signaux faibles de dégradation de l’autonomie du proche en s’appuyant sur des capteurs placés à son domicile, une montre qu’il porte et une plateforme dédiée aux aidants.