#3 Comment reconnaître les signes de maltraitance ?

En France, 5 à 6 % des personnes de plus de 60 ans seraient maltraitées voire exploitées. La maltraitance de personnes âgées et handicapées se produirait dans 75% des cas à domicile et dans près de la moitié des cas par l’entourage familial (fils, fille, conjoint). Les professionnels de la santé quant à eux, sont mis en cause dans 32% des cas.
Qu’elle soit physique, psychologique, ou encore financière, environ 1 personne âgée sur 6 a été victime de maltraitance au cours de l’année dernière. Que signifient ces différents types de maltraitance ? Quels sont les facteurs de risque et les signes qui doivent alerter les aidants ? Comment réagir ? Lili smart consacre son dossier du mois à la « non bientraitance ».

Comment reconnaître les signes de maltraitance ?

La maltraitance des personnes vulnérables du fait de leur âge ou de leur handicap a longtemps été un phénomène sous-estimé et un tabou, d’autant qu’il s’agit d’une réalité complexe et multiforme. Qu’elle soit familiale ou institutionnelle, elle reste encore très insuffisamment révélée et souvent difficile à appréhender, tant par son ampleur que par la nature des violences qui la caractérisent. Toute prise en charge de personnes dépendantes et vulnérables nécessite une vigilance de tous les acteurs car une maltraitance peut s’installer de manière insidieuse.

L’UNAPEI, association de défense des intérêts des personnes handicapées et de leurs familles, exprimait très bien la complexité de trouver un consensus sur la définition de la maltraitance dans son livre blanc :

À chaque fois, lors de la recherche de la définition la plus précise et utilisable, se pose la question des critères (ce qui est maltraitance de ce qui ne l’est pas), du seuil (la limite en deçà de laquelle il ne s’agit pas de maltraitance), de l’intentionnalité (on ne prendrait en compte que les maltraitances volontaires, avec volonté de nuire ou de négliger), des effets sur la personne de toute attitude même involontaire mais qui aurait des effets négatifs à plus ou moins brève échéance.

La maltraitance renvoie à une grande diversité de situations allant de la négligence à la violence active et recouvre des formes multiples. La présence cumulée des facteurs de risque doit appeler à la vigilance de l’entourage familial et professionnel des familles, même si « facteurs de risque » n’est pas synonyme de maltraitance avérée.

Les répercussions sur la personne maltraitée sont elles aussi diverses et difficiles à détecter. Les victimes sont souvent silencieuses sur les sévices qu’elles subissent par peur de représailles, de se retrouver seule, d’être rejetées par leur proche (dans un cas sur trois, les actes sont le fait des enfants) ou encore à cause d’un sentiment d’impuissance ou une banalisation de la situation de maltraitance qu’elles trouvent justifiée.

Il est indispensable de rester vigilant et de savoir repérer les signes de maltraitance pour pouvoir les dénoncer et lutter contre. Surtout lorsque l’on sait que la maltraitance est l’une des causes les plus fréquentes de suicide chez les personnes âgées.

Plusieurs signes peuvent vous interpeller, mêmes s’ils n’assurent pas qu’une situation de maltraitance est présente :

Au niveau de la personne maltraitée

  • Elle se plaint de maltraitance ou d’avoir été blessée physiquement ou psychiquement.
  • Elle apparait méfiante, apeurée, avec des brusques changements d’humeur ou une anxiété soudaine et inexpliquée surtout en présence d’une personne précise ou à son évocation.
  • Elle reste évasive sur ses conditions de vie et cherche l’approbation de quelqu’un avant de s’exprimer.
  • Elle est soudainement assez isolée, reclue.
  • Elle chute de manière répétée, a des ecchymoses, des fractures, souffre de déshydratation, perd du poids ou fait des visites répétées aux urgences sans réellement pouvoir en expliquer les raisons.
  • Elle a plus recours aux traitements médicamenteux type calmants.
  • Elle souhaite s’éloigner d’une personne sans raison apparente ou logique.
  • Elle a désormais une apparence négligée (décoiffée, sale).
  • Elle a des difficultés financières inexpliquées ou elle se plaint qu’on lui doit de l’argent.
  • Elle présente des signes psychologiques de type :
    • Symptômes dépressifs (insomnie, perte d’intérêt, pleurs fréquents, faible estime de soi, tristesse…),
    • Tentative de suicide ou évocation du suicide,
    • Etat de détresse, d’impuissance et de découragement élevé.

Au niveau de la personne maltraitante

  • Elle la réprimande, la critique, l’insulte, la menace ou l’isole.
  • Elle montre un comportement agressif (bris d’objet, colère, agression verbale).
  • Elle déprécie la personne dont elle a la charge.
  • Elle se plaint de son comportement, des inconvénients de l’aide apportée.
  • Elle est méfiante et soupçonneuse face aux étrangers. Elle contrôle, limite la durée des visites d’autres personnes, devient inquiète quand d’autres personnes viennent.
  • Elle refuse de la laisser seule avec en présence d’une autre personne, répond systématiquement à sa place.
  • Elle dépense plus d’argent ou limite les dépenses de l’aidé.

 

Ces signes sont là pour vous aider mais leur présence n’affirme pas que la personne est maltraitée, tout comme leur absence n’indique pas qu’elle ne l’est pas. Surtout, il est important de faire confiance à votre ressenti. Si on se sent mal à l’aise, impuissant face à un comportement ou à une situation vécue, il ne faut pas hésiter à en parler. Vous pouvez également utiliser des solutions, notamment technologiques, pour aider à prévenir ou à détecter des situations ambiguës pouvant être assimilées à de la maltraitance.

Lili smart, première solution d’assistance aux aidants, permet de détecter des comportements anormaux liés :

  • A l’avancée de la maladie/ des troubles, la dégradation de l’autonomie de votre proche,
  • A la peur, le stress, la méfiance, liés à la maltraitance,
  • Au manque de ressources matérielles, financières, etc.

Grâce à la solution, soyez alerté en cas de situation anormale. A l’aide de capteurs autonomes et discrets, observez les habitudes quotidiennes de votre proche. Par exemple, placez un capteur sur la porte du réfrigérateur. Celui-ci va analyser les mouvements de la porte et déterminer une routine d’utilisation. Si un jour, le frigo est moins utilisé, beaucoup plus, plus du tout ou en pleine nuit, une alerte est envoyée par notification et par sms sur votre smartphone. Vous pouvez aussi coller des capteurs sur son pilulier, sa porte de douche, sa porte d’entrée, sa télécommande de télévision…

 

 

En savoir plus

#1 : C’est quoi la maltraitance ?

#2 Quels sont les facteurs de risque de maltraitance ?

Fiche pratique : Comment lutter contre la maltraitance ?

Témoignage : Dépister les risques de maltraitance

Lili smart est une application spécialement conçue pour faciliter le quotidien des familles qui accompagnent un proche en perte d’autonomie. Elle détecte les signaux faibles de dégradation de l’autonomie du proche en s’appuyant sur des capteurs placés à son domicile, une montre qu’il porte et une plateforme dédiée aux aidants.