#3 Peut-on valoriser son expérience d’aidant ?

La France compte 13 millions de personnes accompagnant un proche en perte d’autonomie et leur consacrant en moyenne 6,5 heures par jour. Ces derniers font face au stress, à la fatigue physique et psychique mais aussi au manque de temps. L’aide informelle apportée par ces personnes représente 70% de l’aide nécessaire pour répondre aux besoins de la vie courante des personnes âgées de 60 ans ou plus vivant à domicile, soit 11 milliards d’euros sur les 15,6 milliards d’euros d’aide totale à fournir. Qu’est-ce qu’un aidant ? A quelles difficultés doit-il faire face ? Peut-on valoriser son expérience d’aidant ? Et les aidants professionnels ? Découvrez les réponses dans notre dossier du mois consacré aux aidants.

Peut-on valoriser son expérience d'aidant ?

Aujourd’hui, selon une étude, 1 salarié sur 6 est aidant et cela pourrait doubler dans les 40 prochaines années. Ce chiffre est très certainement biaisé par le tabou qu’il y a autour de ce sujet, qui pousse les aidants à ne pas le dire à leur entourage professionnel. La conciliation vie professionnelle, vie privée et vie d’aidant est difficile et source de tensions.

Il arrive souvent qu’en devenant aidant, vous délaissiez votre travail, que vous soyez contraint d’arrêter de travailler pour vous occuper d’un proche malade ou que vous deveniez « le salarié » de votre proche. Et lorsque celui-ci entre en institution ou disparaît, il vous arrive de ne plus avoir d’activité.

Ce temps où vous vous êtes occupé de votre proche vous a fait monter en compétences mais cela n’est pas reconnu et vous ne savez pas le valoriser. Peu conscient encore de votre rôle et des capacités que vous avez développées, vous n’indiquez pas cette expérience, privée et souvent peu glorieuse selon vous, dans votre CV. Pourtant, vos connaissances de la gestion de crise, de la gestion de budget et du dédale administratif, de management d’équipes d’intervenants ou encore votre résistance au stress et votre dextérité à classer l’ordre des priorités sont des qualités qui pourraient intéresser de nombreuses d’entreprises.

Il n’existe pas de VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) dans ce domaine mais n’hésitez pas à recenser toutes les formations et les stages d’informations auxquels vous avez participé (ex : formation des aidants familiaux, ateliers…).

Il existe également des MOOC – formations en ligne – qui vous permettront d’avoir une certification :

  • Le MOOC « Savoir être aidant » qui offre depuis mai 2017 une formation au rôle d’aidant de la personne âgée. Trois niveaux sont déclinés : le premier traite, en une vingtaine de vidéos, des multiples enjeux du vieillissement et de la place des aidants, le second présente des fiches pratiques, des conseils, des liens vers des sites utiles… Le troisième, qui vise à tester la compréhension de l’apprenant, ouvre à une certification.
  • Le MOOC « Introduction aux compétences de base, sociales et à l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour les aidants » que le Pôle Services à la Personne a lancé en novembre 2017. Les aidants professionnels (aide à domicile, auxiliaire de vie sociale, étudiants infirmiers, aides-soignants, travailleurs sociaux, …) et les soignants non professionnels (proches du patient, conjoint) vont acquérir des connaissances fondamentales ainsi que des compétences techniques, relationnelles et numériques.

Enfin, les compétences acquises peuvent être valorisées dans un diplôme ouvrant accès aux métiers de l’aide et du soin. Vous aurez toutes les informations dans le guide de l’aidant familial du ministère des solidarités et de la santé.

 

En savoir plus

#1 C’est quoi « être aidant » ?

#2 Qu’entend-on par « épuisement des aidants » ?

#4 Et les aidants professionnels ?

Fiche pratique : Aidants, quels sont vos droits ?

Lili smart est une application spécialement conçue pour faciliter le quotidien des familles qui accompagnent un proche en perte d’autonomie. Elle détecte les signaux faibles de dégradation de l’autonomie du proche en s’appuyant sur des capteurs placés à son domicile, une montre qu’il porte et une plateforme dédiée aux aidants.