#1 C’est quoi « être aidant » ?

La France compte 13 millions de personnes accompagnant un proche en perte d’autonomie et leur consacrant en moyenne 6,5 heures par jour. Ces derniers font face au stress, à la fatigue physique et psychique mais aussi au manque de temps. L’aide informelle apportée par ces personnes représente 70% de l’aide nécessaire pour répondre aux besoins de la vie courante des personnes âgées de 60 ans ou plus vivant à domicile, soit 11 milliards d’euros sur les 15,6 milliards d’euros d’aide totale à fournir. Qu’est-ce qu’un aidant ? A quelles difficultés doit-il faire face ? Peut-on valoriser son expérience d’aidant ? Et les aidants professionnels ? Découvrez les réponses dans notre dossier du mois consacré aux aidants.

C’est quoi « être aidant » ?

En 2007 a été publiée la Charte Européenne de l’aidant familial. Elle se divise en 10 grands points et définit l’aidant familial comme « la personne non professionnelle qui vient en aide à titre principal, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage, pour les activités de la vie quotidienne. Cette aide régulière peut être prodiguée de façon permanente ou non et peut prendre plusieurs formes, notamment : nursing, soins, accompagnement à l’éducation et à la vie sociale, démarches administratives, coordination, vigilance permanente, soutien psychologique, communication, activités domestiques… ». Elle indique également que la place de l’aidant familial doit être reconnue et prise en compte, en tant que telle, dans toutes les politiques de santé. L’aidant doit bénéficier de droits sociaux et de moyens pour accompagner son proche.

Si vous assistez une personne en situation de dépendance dans les actes de la vie quotidienne, vous êtes donc un aidant ! Nous sommes nombreux à être aidants et il est important de s’approprier pleinement ce terme afin de trouver un équilibre entre aider et continuer à investir les autres domaines de la vie : notre travail, notre santé, notre vie familiale, nos loisirs… Cependant, l’appropriation du terme « aidant » peut être difficile car nous entendons toutes sortes d’adjectifs et d’attributions à l’aidant non professionnel : naturel, familial, informel, principal, secondaire, proche aidant… Quelle différence ? Où se situer ? A quelle « catégorie » appartenons-nous ? La première chose à savoir est que ces termes veulent tous dire la même chose, seul le lien à la personne aidée diffère. Les différentes appellations signifient soit votre lien avec l’aidé (aidant familial), soit la fréquence à laquelle vous l’accompagnez. Vous faites donc partie de plusieurs de ces termes à la fois. Par exemple, un aidant familial indique que vous faites forcément partie de la famille de l’aidé alors qu’un aidant naturel, qui peut être un aidant familial peut aussi désigner le voisin, l’ami de l’aidé ou encore une personne d’un réseau d’entraide.

Malgré ce texte de 2007, le travail de politique de santé est encore à développer quand on sait que 68% des aidants ne sont pas satisfaits de l’information qui leur est mise à disposition et que 79% auraient aimé profiter d’au moins un accompagnement. M. Paul Christophe, député du Nord, dans sa proposition de loi de septembre 2017 disait

Ces aidants accomplissent quotidiennement un travail formidable. Ils souffrent pourtant d’un manque de formation et de reconnaissance, et doivent constamment concilier obligations professionnelles et rôle d’aidant. Leur quotidien est donc difficile ; plusieurs études ont d’ailleurs démontré que le rôle d’aidant avait des effets importants sur leur santé. Les pouvoirs publics doivent mieux accompagner les aidants dans leurs missions…

 

 

Vous vous occupez d’un proche qui en a besoin sans pour autant vous considérer comme aidant ou bien vous sentir concerné lorsque vous entendez parler d’aidant ? Vous n’êtes pas seul !

Selon le dernier Baromètre des aidants de la Fondation April, 63% des aidants n’ont pas conscience de leur statut et la première explication à cela est selon la même étude, le déni. Le déni est un mécanisme de défense psychique, inconscient, qui mène à éviter, sinon à nier une réalité. La réalité que l’on est aidant d’un proche, que ce proche est malade, qu’il perd en autonomie et qu’il a besoin d’aide. C’est donc un phénomène naturel mais pour autant, ne pas se reconnaitre en tant qu’aidant a des conséquences et peut mettre son proche et soi-même en danger. Et pour cause, tant que l’on ne se reconnait pas aidant, on ne va pas chercher les aides auxquelles on a le droit, on ne se fait pas épauler et on épaule moins le proche en difficultés. Cela amène aussi, souvent, à des conflits familiaux entre ceux qui se rendent compte de la situation et qui sont seuls exposés au stress de l’accompagnement et les autres. On voit par exemple des personnes qui vont moins voir le proche malade par crainte d’être confrontés à son déclin cognitif (mémoire, raisonnement…).

Des associations ou des structures comme les CCAS (Centre Communal d’Action Sociale), peuvent aider les aidants à comprendre leur nouveau statut et à organiser leur quotidien autour de la personnes qu’ils accompagnent. En complément de l’aide sociale ou de l’aide humaine, les aidants peuvent aussi avoir recours à l’aide technologique comme l’application Lili smart.

Lili smart permet aux familles de mieux s’organiser et de communiquer plus facilement. Grâce à son application dédiées aux aidants, ceux-ci peuvent créer et partager des tâches, communiquer à deux ou plus, en temps réel, via une messagerie instantanée, enregistrer les ordonnances et les rendez-vous médicaux… Les aidants peuvent également prendre conscience de leur rôle et apprendre à prendre aussi soin d’eux grâce à leur espace personnel (infos, actus, tests…).

 

En savoir plus

#2 Qu’entend-on par « épuisement des aidants » ?

#3 Peut-on valoriser son expérience d’aidant ?

#4 Et les aidants professionnels ?

Fiche pratique : Aidants, quels sont vos droits ?

Lili smart est une application spécialement conçue pour faciliter le quotidien des familles qui accompagnent un proche en perte d’autonomie. Elle détecte les signaux faibles de dégradation de l’autonomie du proche en s’appuyant sur des capteurs placés à son domicile, une montre qu’il porte et une plateforme dédiée aux aidants.